Développer l'estime de soi chez l'enfant

Apprendre - L'importance de l'estime de soi

 

Un manque d'estime de soi est un frein majeur à l'exploitation de ses capacités. L'estime de soi se construit principalement durant l'enfance. Voici quelques conseils aux parents, aux enseignants, éducateurs qui ont en charge un enfant ou un adolescent.

 

 

Cultiver les « mémoires de succès »

Si un enfant refuse d'essayer de faire quelque chose parce qu'il n'est pas certain de réussir, il ne saura jamais s'il aurait été capable de faire cette chose. Dans ce refus, il s'appuie en général sur des « mémoires d'échecs » qui ont été sanctionnés dans le passé. L'enfant (comme l'adulte...) ne peut réussir quelque chose que parce qu'il se souvient d'avoir réussi quelque chose d'équivalent dans le passé : ce que l'on appelle les « mémoires de succès ».

Il ne s'agit pas forcément de grandes choses, comme d'avoir été premier à un contrôle de mathématiques ou d'avoir réussi à Jongler devant 300 personnes : cela peut être de toutes petites choses, des petites victoires qui donnent ce sentiment intense d'avoir bien réussi, et qui ont été pour l'enfant ou l'adolescent de grandes victoires : la première fois que nous avons fait du vélo sans petites roues, ou cette fois-là où nous avons failli battre au tennis quelqu'un de bien meilleur que nous, ou une partie d'échecs où nous avons été bien concentré, ou ce devoir de français où nous avons eu 16/20, etc.

D'une manière inverse, certains parents et enseignants) relèvent plus souvent les fautes que les réussites, imposent l'idée que la réussite est « normale » (donc on n'en parle pas) et l'erreur « anormale » - en y ajoutant parfois l'idée moralisatrice qu'il n'est pas bon de se vanter, qu'il faut développer la modestie chez les enfants. Ce refus de reconnaître les succès n'aide ni à faire grandir, ni à enraciner la confiance en soi et l'estime de soi de l'enfant.

L'enfant (puis l'adulte) risque de développer ce que les psychologues appellent le syndrome de l'imposteur: tout échec est normal, toute réussite est anormale (due à la chance, ou au hasard, ou à une intervention extérieure).
Au parent (et à l'enseignant), donc, de rappeler régulièrement à l'enfance succès passés, fondements de ses succès futurs. Et il faut parfois créer ou saisir les occasions : enfants comme adultes, nous avons' tous envie de parler de nos succès, mais nous n'avons pas forcément des occasions de le faire. Faire un lien entre une action présente et un succès passé permettra à l'enfant d'aborder avec plus de confiance Ia nouveauté.

Mais attention : comme en toute chose, il y a une juste mesure à garde dans la reconnaissance des réussites et des succès de l'enfant ; et il faut que ce soient des succès et des réussites qui ont eu du sens pour lui.

Aider à être visible

Qui n'a pas eu, un jour ou l'autre, ce sentiment désagréable d'être « invisible » aux autres ? Dans certaines occasions, nous savons pertinemment que nous pouvons participer ou apporter quelque chose, mais nous n'existons pas, personne ne s'intéresse à ce que nous pouvons dire, penser, sentir ou faire.

C'est un sentiment qui est courant chez beaucoup d'enfants, à la maison ou à l'école, lorsqu'ils pensent (à tort ou à raison) qu'ils « n'existent pas » pour leur parent ou un enseignant. C'est pourquoi il est important d'aider son enfant, par des moyens positifs, à se rendre « visible », à lui-même comme aux autres.*Cette visibilité psychologique est importante pour développer l'estime de soi, et permet d'éviter chez l'enfant ou le jeune des comportements dérangeants ou destructeurs : comportements d'exclusion volontaire par rapport à un groupe (on refuse de participer), violence vis-à-vis de soi ou des autres (pour se faire remarquer), appartenance à des groupes aux règles douteuses (pour rechercher une reconnaissance), etc.

;;;;; Pour aider l'enfant à « devenir visible »,

appelez régulièrement à votre enfant des succès passés. Les « mémoires de succès », dont nous parlions ci-dessus, aident également l'enfant à devenir visible. Trouvez ou provoquez l'occasion de noter ces succès et ces réussites sous une forme visible, par exemple en créant un « panneau à succès », une « boîte à succès » ou un « dossier des succès », et en y revenant en cas de difficulté ou de passage à vide de l'enfant.

Nous voulons tous être remarqués


Lorsque l'on a des problèmes avec un enfant, il faut s'assurer que l'on sait ce qu'il aime faire et ce à quoi il est vraiment bon. Et lui faire comprendre que vous le savez, par des moyens très concrets.

N'importe quel parent peut dire : « Je t'aime, mon chéri. »

Mais quand vous lui demandez : « Comment va ton élevage de hamsters ? », ou : « À quel niveau de Prince of Persia tu es arrivé ? », cela prouve que vous connaissez bien votre enfant. Nous voulons tous être remarqués.

 

Texte & dossier: Bruno Hourst(1). D'après Jon Pearson, dans Drawing on thé inventive mind : Exercises in thinking, lanquaae and self-esteem

 

 



07/10/2012
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